DPGF : définition, exemple et méthode pour remplir une décomposition du prix global et forfaitaire

DPGF : définition, exemple et méthode pour remplir une décomposition du prix global et forfaitaire

DPGF : définition juridique et contexte marchés publics et bâtiment

Que veut dire DPGF ?

DPGF signifie Décomposition du prix global et forfaitaire. C’est un document financier demandé dans un marché à prix forfaitaire pour détailler le prix global en postes. 

Définition et rattachement à la forme de prix

Le Code de la commande publique distingue deux formes : prix unitaires (appliqués aux quantités réellement exécutées) et prix forfaitaires (appliqués à tout ou partie du marché, quelles que soient les quantités).
Dans ce cadre, la DPGF est typiquement utilisée pour documenter un prix forfaitaire : elle décrit la prestation envisagée en expliquant comment se forme le forfait et sert de support à l’analyse de cohérence des offres. 

Place de la DPGF dans le DCE et dans l’offre

Les “documents de la consultation” (anciennement DCE) regroupent notamment RC, CCAP, CCTP, acte d’engagement et documents financiers. Dans ces documents financiers, on retrouve couramment BPU (prix unitaires) et DPGF (forfait).
Dans la pratique, la DPGF est souvent fournie sous forme de cadre (tableur) à compléter, et peut être jointe en annexe de l’acte d’engagement. 

Valeur contractuelle : le point de vigilance majeur

Deux nuances importantes doivent être explicites dans votre article (et dans vos pratiques de marché) :

  1. “En principe” la DPGF n’est pas automatiquement contractuelle : si l’acheteur souhaite lui donner une valeur contractuelle, il doit le prévoir clairement, typiquement dans le CCAP (et dans l’ordre de priorité des pièces). 

  2. Même lorsque la décomposition est prise en compte, le CCAG Travaux rappelle qu’un prix forfaitaire rémunère un ensemble déterminé de prestations, et que les écarts entre quantités réellement exécutées et quantités indiquées dans la décomposition ne conduisent pas à modifier le forfait (logique d’intangibilité du forfait). 

Nuance à signaler : l’ordre de priorité des pièces, le caractère contractuel des annexes financières et les modalités de traitement des travaux modificatifs dépendent des documents particuliers du marché (CCAP/AE) et de la référence ou non à un CCAG. En cas de doute, il faut relire l’ordre de priorité et les clauses “prix / variations / prix nouveaux”. 

À quoi sert une DPGF et quand l’utiliser dans le bâtiment

Intention de recherche estimée : informationnelle + “commercial investigation” (comprendre l’utilité) + opérationnelle (savoir quand l’acheteur l’exige).

Côté acheteur public, maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre

La DPGF est utilisée pour :

  • analyser la cohérence d’un forfait avec le besoin technique (CCTP) ;

  • comparer plus finement plusieurs offres forfaitaires (structure de coûts, postes sensibles) ;

  • faciliter le suivi du chantier (postes “installation de chantier”, hygiène et sécurité, etc.). 

Sur des plateformes de consultation “Marchés publics”, on voit aussi des cas de prix combinant forfait et prix unitaires (ex. une partie au forfait détaillée en DPGF, une partie à bons de commande via BPU). 

Côté entreprise de travaux et service achats

Pour un titulaire, une DPGF bien construite sert à :

  • sécuriser l’offre (éviter incohérences et oublis) et prouver la compréhension du périmètre ;

  • documenter la logique du forfait et préparer la discussion sur travaux modificatifs (prix nouveaux si une prestation n’est pas prévue dans la décomposition). 

DPGF vs “prix mixte”

Il est possible de combiner forfait et unitaire dans un même marché (ex. poste permanent au forfait et interventions ponctuelles en prix unitaires), à condition que les prestations relevant de chaque forme soient clairement distinguées. 

Contenu d’une DPGF : lignes types et comparaison avec BPU, DQE, CCTP

Intention de recherche estimée : informationnelle + pratique (structure/colonnes) + comparaison (choisir le bon document).

Colonnes et structure attendues dans une DPGF bâtiment

Dans le bâtiment, la DPGF se présente très souvent comme un tableau par lots, avec : désignation, unité, quantité estimative, prix unitaire, montant. C’est ce que l’on retrouve dans de nombreux DCE de travaux (ex. lignes “installation de chantier”, “terrassements”, unités m³/m², quantités, etc.).
Techniquement, le CCAG Travaux décrit la décomposition d’un prix forfaitaire comme un “détail évaluatif” par éléments/natures d’ouvrages, avec quantités et prix correspondants (et, selon les cas, des précisions sur frais généraux, impôts et marge). 

Document Quand on le rencontre le plus Contenu typique À quoi il sert Statut “habituel” (à vérifier au marché)
DPGF Marchés à prix forfaitaire (travaux, parfois services) Décomposition du forfait en postes/ouvrages, avec quantités estimatives et montants Justifier le forfait, analyser les offres, faciliter le suivi Souvent non contractuel sauf stipulation expresse (CCAP/ordre de priorité)
BPU Marchés à prix unitaires, accords-cadres à bons de commande Liste des prestations et prix unitaires Facturation selon quantités réellement exécutées/commandées Très souvent pièce de prix de référence (souvent contractuelle)
DQE Souvent associé à un BPU en prix unitaires “Commande-type” / simulation avec quantités estimées Comparer les offres quand la liste des prix est longue En principe non contractuel ; sert à l’analyse
CCTP Tous marchés de travaux (et beaucoup de services) Clauses techniques, spécifications, plans/règles Décrire le besoin technique et les exigences d’exécution Pièce contractuelle de référence (si listée comme telle)

Cette comparaison doit toujours être reliée à la logique “forme du prix” (unitaire vs forfaitaire) posée par le Code, et à la liste des documents financiers disponibles dans les documents de la consultation. 

Point pratique à rappeler : en cas de divergence entre un montant forfaitaire indiqué à l’acte d’engagement et celui figurant au bas d’une DPGF, des guides officiels rappellent que l’acte d’engagement prévaut (logique de hiérarchie des pièces). 

Comment faire un DPGF et comment remplir un DPGF

Intention de recherche estimée : tutoriel (how‑to) + résolution de problème (répondre à une exigence DCE) + conformité.

Workflow recommandé de préparation

Processus DPGF / BPU / DQE

Lire le DCE
RC, CCAP, CCTP…
Forme de prix ?
Prix forfaitaire
→ DPGF
Prix unitaires
→ BPU + DQE
Structurer
lots → postes
Quantifier
métrés, unités
Chiffrer
PU, déboursés
Totaux
sous-totaux
Contrôles
CCTP, calculs
Alignement
DPGF ↔ AE
Dépôt offre
+ archivage

Étapes détaillées

Étape 1 : vérifier la forme de prix demandée et les pièces exigées
Le marché peut être à prix unitaires ou forfaitaires ; un même marché peut combiner les deux.
Dans les documents de la consultation, les documents financiers incluent typiquement BPU et/ou DPGF selon cette forme de prix. 

Étape 2 : partir du CCTP et du découpage en lots
En bâtiment, la DPGF est généralement structurée par lot (gros œuvre, second œuvre, lots techniques…) puis par postes (installation, terrassement, ouvrages, finitions). 

Étape 3 : figer les règles de remplissage (ce que vous avez le droit de modifier)

  • Si l’acheteur fournit un cadre avec quantités “imposées”, ne les modifiez pas (sauf autorisation explicite).

  • Si le cadre précise que les quantités sont indicatives et à vérifier, la jurisprudence montre que modifier les quantités peut être admis, et que l’irrégularité ne se déduit pas automatiquement d’écarts de quantités lorsque l’engagement porte sur un prix global forfaitaire. 

Étape 4 : établir les quantités et les unités
Bonnes pratiques BTP :

  • unité adaptée (m², m³, ml, U, forfait) ;

  • hypothèses écrites (épaisseurs, taux de perte, surfaces nettes/brutes) ;

  • cohérence avec plans, CCTP, et pièces graphiques. 

Étape 5 : chiffrer les prix unitaires et recalculer le forfait Le CCAG Travaux décrit la décomposition et les sous‑détails comme des outils pour expliciter le contenu d’un prix (déboursés, frais, marge). Même si votre DPGF de réponse n’affiche pas toujours ces pourcentages, votre chiffrage interne devrait, lui, les intégrer. 

Étape 6 : contrôler l’alignement DPGF ↔ acte d’engagement La DPGF sert à détailler le prix forfaitaire “à l’appui du montant figurant dans l’offre” : le total doit être le même.
En marchés publics, l’acte d’engagement peut être formalisé via le formulaire ATTRI1 (modèle), complété au moment de l’attribution pour le candidat retenu. 

Modèle de tableau minimal

Lot Code Désignation Unité Quantité PU HT (€) Montant HT (€) TVA % Montant TTC (€) Notes
Lot 01 1.1 Installation de chantier forfait 1 20
Lot 01 1.2 Déchets / bennes / évacuation forfait 1 20
Lot 02 2.1 Terrassement 20 Hypothèses…
Lot 02 2.2 Remblai 20
TOTAL Total HT À aligner AE

Formule : Montant HT = Quantité × PU HT
Puis total = somme de la colonne Montant HT.

Clauses et exemple rempli avec montants réalistes en euros

Intention de recherche estimée : transactionnelle douce (modèle) + pratique (exemple chiffré) + sécurisation (clauses).

Clauses “type” à adapter dans un CCAP

Les formulations ci‑dessous sont des modèles : elles doivent être adaptées à votre marché (et à l’ordre de priorité des pièces). La doctrine officielle recommande d’être explicite si l’acheteur souhaite donner une valeur contractuelle à une décomposition d’offre financière. 

Clauses type liées à la DPGF

Clause type : forme de prix

Le marché est conclu à prix global et forfaitaire. Le prix rémunère le titulaire pour l’ensemble des prestations définies par les pièces du marché, quelles que soient les quantités réellement exécutées.

À relier à la distinction prix unitaires / forfaitaires du code.

Clause type : statut de la DPGF (non contractuelle par défaut)

La DPGF remise par le titulaire a pour objet de détailler le prix global et forfaitaire. Sauf stipulation contraire, elle n’a pas de valeur contractuelle et ne saurait modifier le périmètre des prestations dues.

Conforme à l’idée “ne pas rendre contractuelle la totalité” d’une DPGF contenant des quantités, sauf choix contractuel explicite.

Clause type : DPGF partiellement utilisable (travaux modificatifs / commandes supplémentaires)

Par dérogation, les prix unitaires figurant à la DPGF pourront servir de base de discussion / de valorisation pour certaines prestations supplémentaires ou modificatives, selon la procédure de prix nouveaux prévue au marché.

Le guide sur le prix rappelle que si une prestation nouvelle ne figure pas dans la DPGF, la procédure de “prix nouveaux” peut s’appliquer.

Exemple de DPGF rempli

Code Désignation Unité Quantité PU HT (€) Montant HT (€)
4.1 Protection des sols et mobiliers, mise en place forfait 1 450,00 450,00
4.2 Préparation des murs (ponçage, rebouchage, ratissage localisé) 240 7,20 1 728,00
4.3 Préparation des plafonds (ponçage, rebouchage) 120 6,80 816,00
4.4 Impression murs (primaire) – 1 couche 240 3,90 936,00
4.5 Peinture murs acrylique mat – 2 couches 240 12,90 3 096,00
4.6 Impression plafonds – 1 couche 120 3,80 456,00
4.7 Peinture plafonds acrylique – 2 couches 120 13,50 1 620,00
4.8 Peinture boiseries (plinthes/encadrements) – 2 couches ml 55 9,50 522,50
4.9 Reprises et finitions, levée de réserves forfait 1 320,00 320,00
4.10 Nettoyage fin de chantier et évacuation des déchets forfait 1 280,00 280,00
Total HT (€) 10 224,50
TVA 20 % (€) 2 044,90
Total TTC (€) 12 269,40

À rappeler : ce total doit être strictement identique au montant engagé dans l’offre financière / acte d’engagement lorsque la DPGF sert à détailler ce forfait.

Erreurs fréquentes, contrôles et FAQ

Intention de recherche estimée : diagnostic (pourquoi rejet / incohérence) + assurance qualité + questions rapides (“People Also Ask”).

Erreurs fréquentes sur une DPGF et correctifs

❌ Erreur : DPGF ≠ acte d’engagement (écart de total, arrondis, TVA, oubli de sous‑total)
✅ Correctif : verrouiller une cellule “TOTAL” et vérifier l’égalité avec le montant engagé ; rappeler la hiérarchie des pièces si elle est précisée. 

❌ Erreur : modifier des quantités sans vérifier ce que dit le cadre de réponse
✅Correctif : lire le RC/DPGF : certaines DPGF indiquent “quantités indicatives à vérifier”, d’autres veulent des quantités figées. La qualification d’irrégularité dépend de cette rédaction. 

❌ Erreur : oublier des prestations “implicites” du CCTP (protections, essais, DOE, nettoyage, sujétions)
✅Correctif : check‑list “installations / protections / hygiène‑sécurité / repli / déchets” (souvent visibles ligne “installation de chantier” dans les DPGF travaux). 

❌ Erreur : incohérence technique entre libellés DPGF et CCTP
✅ Correctif : reprendre les intitulés du CCTP, même découpage, mêmes unités. 

❌ Erreur : croire que la DPGF fixe les quantités contractuelles du forfait
✅ Correctif : rappeler la logique du prix forfaitaire (indépendant des quantités réellement exécutées) et vérifier si la DPGF est rendue contractuelle (et dans quelle mesure). 

❌ Erreur : sous‑estimer la sensibilité “confidentialité” (prix détaillés)
✅Correctif : côté acheteur, traiter les détails de prix (BPU/DPGF/DQE) comme potentiellement couverts par le secret industriel et commercial selon le contexte ; côté entreprise, considérer que le niveau de détail peut être sensible. 

L’outil numérique au service de votre sous-traitance

Subclic.com, notamment, est une plateforme dédiée à la gestion de la sous-traitance, offrant une gamme complète de fonctionnalités pour optimiser vos opérations.

  • Pilotage des opérations : Grâce à un tableau de bord dédié, vous pouvez centraliser et organiser vos projets, suivre en temps réel l'avancement de chaque dossier, et regrouper toutes les informations et documents pertinents.

  • Contractualisation en ligne : La plateforme permet de créer et de rédiger vos contrats en toute simplicité, en conformité avec le cadre légal en vigueur, facilitant ainsi la gestion administrative.

  • Gestion des agréments et des formulaires DC4 : Subclic offre la possibilité de signer électroniquement vos demandes d'agréments et formulaires DC4, tout en assurant la conformité de vos partenaires.

  • Sécurisation des relations contractuelles : La plateforme facilite la gestion des documents administratifs de tous vos partenaires grâce à des intégrations avec les principales plateformes du marché, garantissant ainsi une collaboration en toute sécurité.

FAQ DPGF

  • DPGF signifie “Décomposition du prix global et forfaitaire”. C’est un tableau qui détaille un prix forfaitaire en postes chiffrés. 

  • Dans les documents financiers d’un marché public, la DPGF sert à décomposer le forfait proposé par l’entreprise, afin de rendre l’offre lisible et contrôlable. 

  • On part du CCTP et du découpage en lots, on quantifie (métrés/hypothèses), puis on chiffre les prix unitaires et on recompose le total en veillant à l’aligner avec l’acte d’engagement. 

  • Remplissez toutes les cellules demandées (PU, montants, totaux), sans modifier la structure. Ne changez les quantités que si le cadre précise qu’elles sont indicatives/à vérifier ou si le RC l’autorise. 

  • Ajoutez systématiquement : installation de chantier, protections, hygiène‑sécurité, gestion des déchets, nettoyages, repli, sujétions particulières (souvent visibles dans des DPGF travaux réelles). 

  • Pas automatiquement : elle n’est contractuelle que si le marché le prévoit explicitement (souvent via le CCAP et l’ordre de priorité). Même lorsqu’elle est prise en compte, le forfait reste par nature indépendant des quantités réellement exécutées. 

  • DPGF = décomposition d’un forfait ; BPU = prix unitaires de référence ; DQE = simulation/commande‑type pour comparer les offres (souvent avec un BPU). 

  • Parce que le forfait doit rester analysable : la DPGF aide à vérifier la cohérence du prix et à comparer des offres forfaitaires sur une base structurée. 

Suivant
Suivant

APD en France : guide opérationnel pour projets tertiaires et infrastructures numériques